09 septembre, 2026

La taxonomie en action : du programme d’études aux activités d’apprentissage

Pédagogie

La taxonomie en action : passer du programme d’études aux activités d’apprentissage

Une même compétence peut être travaillée à différents niveaux de complexité. L’enjeu n’est pas seulement de déterminer ce que l’élève doit savoir, mais aussi ce qu’on lui demande de faire avec ce savoir.

Lorsqu’on prépare une activité d’apprentissage en formation professionnelle, on pense souvent au contenu à enseigner, aux démonstrations à réaliser et aux exercices que les élèves devront effectuer.

Mais une autre question mérite notre attention : quel niveau de réflexion demandons-nous réellement à l’élève?

La vraie question n’est pas seulement : « Qu’est-ce que l’élève doit savoir? » mais aussi : « Qu’est-ce qu’il doit être capable de faire avec ce savoir? »

De la mémorisation à la création

La taxonomie permet de réfléchir à la complexité cognitive d’une tâche. Une même notion peut être abordée de différentes façons selon ce que l’on demande à l’élève de faire.

1. Mémoriser
Nommer, reconnaître ou identifier des éléments.
2. Comprendre
Expliquer une notion ou décrire son fonctionnement.
3. Appliquer
Utiliser une procédure ou réaliser une tâche.
4. Analyser
Comparer, distinguer ou établir des relations.
5. Évaluer
Porter un jugement et justifier un choix.
6. Créer
Concevoir une solution, une démarche ou une production originale.

Un même apprentissage peut être abordé autrement

Prenons un exemple très simple. Un élève peut être capable de nommer les composantes d’un outil sans nécessairement être capable de l’utiliser adéquatement dans une situation de travail.

On pourrait ensuite lui demander d’expliquer le rôle de ces composantes, de les utiliser dans une tâche, de comparer deux méthodes, de justifier un choix ou encore de concevoir une démarche complète.

Le contenu peut demeurer sensiblement le même, mais la nature de l’activité proposée transforme complètement le niveau de réflexion demandé à l’élève.

Et en formation professionnelle?

La formation professionnelle se prête particulièrement bien à cette réflexion puisque les élèves doivent constamment mobiliser des savoirs, des techniques et des stratégies dans des situations qui ressemblent au métier.

Il ne s’agit donc pas de faire « monter » artificiellement toutes les activités vers les niveaux les plus complexes. Une activité de mémorisation peut être tout à fait pertinente. L’idée est plutôt de varier les attentes et de choisir le niveau de complexité qui correspond réellement à l’apprentissage visé.

Un outil pour passer à l’action

La taxonomie en action

J’ai créé un petit outil pour rendre cette réflexion plus concrète en formation professionnelle.

Il suffit d’entrer le code ou le nom d’un DEP. L’outil génère ensuite six exemples d’apprentissage associés aux différents niveaux de la taxonomie, de la mémorisation à la création.

Les propositions sont construites à partir des objectifs et des compétences des programmes de formation professionnelle afin de conserver un lien avec le contexte réel du programme choisi.

Une source d’idées, pas une recette

Les propositions générées ne remplacent évidemment pas le jugement professionnel de l’enseignante ou de l’enseignant.

Elles servent plutôt de point de départ pour réfléchir à une activité, diversifier une séquence d’apprentissage ou simplement se demander si nous sollicitons toujours le même type de réflexion chez nos élèves.

On peut ensuite adapter l’exemple proposé au groupe, au matériel disponible, au contexte de travail et aux intentions pédagogiques.

À vous de l’essayer

Choisissez votre DEP et explorez six façons différentes de transformer les compétences du programme en pistes d’activités d’apprentissage.

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